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2010 Comme un seul homme

 
Comme un seul homme. 
Corps politique et corps mystique
 
 
700 pages en deux volumes, 39 euros 
 
 
Editions Aréopage 
Lien vers http://www.editions-areopage.com 
par tel : 03 84 24 77 76 
par fax : 03 84 24 13 16 
par mail :  
E-mail à editions@areopage.info 
 
ou pour acheter en ligne :  
Lien vers http://edition-areopage.o-commerces.com/ 
 
(4e de couverture :) 
Les théologiens chrétiens soutiennent le dogme du « Corps mystique qu'est l'Église », et un livre érudit du Père Mersch en avait fait, juste avant-guerre, l'histoire. D'autre part, les penseurs politiques traitent souvent de ce qu'ils considèrent comme une métaphore, celle du Corps politique, ou du Corps social. Seul le livre célèbre d'Ernst Kantorowicz avait tenté de relier ces deux domaines, mais sa réception en France a mis l'accent plutôt sur la question des deux corps du roi, et de ses funérailles. Pourtant, depuis les traductions de Blumenberg, Carl Schmitt, Voegelin, la question de la sécularisation en tant que transfert de sacré commence à s'imposer dans le débat philosophique français, mais il n'est presque jamais question de la Christologie. 
 
Nanine Charbonnel, Professeur de Philosophie à l'université de Strasbourg, connue pour ses travaux sur la Métaphore, et pour son révolutionnaire Philosophie de Rousseau (2006, 3 vol.), poursuit ici sa relecture de la modernité.  
 
Elle montre, textes à l'appui, comment ce sont les caractéristiques de la notion de Corps mystique qui ont, dans une imbrication théologico-politique constante, soutenu la pensée européenne de la politique. 
Or cette ''notion'' 1/ ne se veut aucunement une métaphore, mais le nom d'une réalité, et divino-humaine, 2/ est utilisable selon deux filons : comme un corps humain hiérarchisé (dans la ligne du fameux apologue de Menenius Agrippa), mais aussi comme le corps eucharistique, pourvu de propriétés bien étonnantes : démultiplication de la présence de ce Corps, égalité des recevants, hologramme (présence totale du Tout dans chaque partie), transsubstantiation par des paroles performatives, etc. 
 
Elle propose des thèses audacieuses : examiner la modernité comme accentuation de la ''prise-indue-au-propre'' de la Métaphore, et ce que l'on croit être les ''dérives'' totalitaires comme mélange de ces deux modèles du Corps mystique.  
Son travail atteint les racines philosophiques de la question du politique et du social : la difficulté à penser le rapport (le co-), la confusion entre le social et le politique, la confusion entre la relation au Genre, et celle à la communauté. 
Un important jalon dans une œuvre novatrice.
 
 
 
Une chrono-anthologie de textes, de 250 pages, d'Ésope à 2010, est disponible ici : 
Lien vers http://www.editions-areopage.com/html/chronologie.pdf 
 
 
Articles de presse : 
 
°2010 Lien vers http://www.parutions.com/index.php?pid=1rid=76&srid=0&ida=13028 
 
 
°2013, Revue Philosophique, Paris, PUF, 2013, n°3, pp.424-425 : Lien vers http://www.cairn.info/revue-philosophique-2013-3-p-401.htm 
 
Nanine Charbonnel, Comme un seul homme. Corps politique et corps mystique, Étude philosophique , Lons-le-Saunier, Aréopage,(coll. ''Penser !''), 2 vol., 730 p., 39 € pour l’ensemble. 
 
Cet ouvrage n’est pas simplement un livre, c’est une oeuvre, dont il est impossible de donner un compte rendu adéquat, tant les analyses et les références sont foisonnantes, variées, détaillées, riches. La table des matières n’occupe pas moins de 16 pages et l’index des noms comporte au moins 400 entrées, à quoi s’ajoute un index des notions de 5 pages sur deux colonnes et une bibliographie de 17 pages (quasi-encyclopédie dont le seul absent, à notre connaissance, est Freud). C’est un long parcours pour développer et illustrer une thèse (ou plutôt un ensemble de thèses) originale sur l’apparentement, dans la pensée occidentale, de « la notion de Corps politique » avec celle de « Corps collectif et de Corps mystique du Christ », dont les mécanismes s'éclairent mutuellement et dont il faut « creuser les racines en métaphysicien », pour comprendre « les notions d’Incarnation, d’incorporation et de personnification » (p.54). Le parcours est long, mais on ne s’ennuie jamais. Les thèses sont rappelées par l’auteur pp. 679-681, et l’apparence encyclopédique de cette somme ne doit pas laisser croire à une simple compilation érudite, car il s’agit bien d’une démonstration appuyée sur d’innombrables références très diverses à des auteurs, des domaines ou des faits d’une incroyable variété : parmi d’autres, et en vrac, Jacques Rancière, Hobbes, Heidegger, Michelet, H. Arendt, C. Lefort, Rousseau, Althusser, Camille Desmoulins, théologiens de toutes époques, Pères de l’Eglise, historiens du christianisme, Proust, Starobinski, Staline, Thomas d’Aquin, Luther (on ne peut qu’en oublier des centaines...). 
 
Si l’on peut s’aventurer à esquisser un aperçu très sommaire du (ou des) problème(s) traité(s), on partira de l'idée d’une « mise à nu de l'impossibilité qu’a manifestée la philosophie constituée de saisir la politique ». La question du rapport entre les humains désigne trois problématiques : 1/ celle de la sociabilité (ou non) de l’homme, qui ressortit à une anthropologie fondamentale (rappelons que l’auteur est par ailleurs une grande spécialiste de Rousseau) ; 2/ « la façon de penser les types de rapports au sein des collectivités particulières, famille, societe, patrie, entreprise, association, institution, etc.) » ; 3/ « la façon de penser l’ordre du politique, déterminé par la question du pouvoir suprêmeé. L’auteur rassemble ces questions sous le sigle commun d’un préfixe français dérive du « cum » latin : dans le premier cas, co-ontologique (le rapport à autrui existe-t-il dans l’essence de l’homme ?) ; deuxième cas : le co-psychosocial désigne la question des rapports humains dans la communication, la communauté, la communion ; troisième cas : le co-politique renvoie à la répartition des parties d’un tout à l'égard du pouvoir supérieur. La thèse de l’auteur sera donc celle-ci : « C’est par insuffisance de la pensée conceptuelle du co-[...] que la pensée occidentale (même la plus élaborée) a traité ces questions par la ‘‘métaphore’’ du corps (vivant, animé) », ce qui a produit un désordre de la réflexion, car on a répondu à des questions conceptuelles par la métaphore (avec « prise-indue-au-propre ») et on a, par l’usage de la métaphore, occulté « les différences abyssales entre les différents sens du social, du collectif, du générique, etc. » (pp. 49-50). En outre, la « notion » de « Corps mystique » se donne, non comme une métaphore, mais comme une réalité divino-humaine et peut soit renvoyer à la hiérarchie des organes, comme dans l’apologue de Menenius Agrippa rapporté par Tite-Live, soit fonctionner en tant que corps eucharistique (ce qui implique par exemple la démultiplication de la présence de ce corps, la présence du Tout dans chaque partie, la transsubstantiation, et qui n’est pas sans rapport avec des conceptions totalitaires de la politique, qui n’en sont pas des dérives, mais de purs et simples corollaires). 
 
Cet apercu (honteusement schématique) esquissé, on laissera le lecteur s’aventurer dans cette navigation au long cours et s’enrichir de cette œuvre aux multiples facettes, aigüe et vive, dense et variée, à la fois très documentee et très incisive et, plus souvent qu’on pourrait le croire, agrémentée de piques humoristiques et néanmoins philosophiquement fécondes. 
 
Eric Blondel 
 
 
 
° Travail universitaire :  
2012 Gaspar BIRO, (Institute of Political Sciences), A State is a Nation, is a People, a Body, a Communauty, a Society... , pp. 367-338 (voir p. 289sq) : 
Lien vers http://www.ajk.elte.hu/file/annales 2012 14 Biro.pdf 
 
 
°Voir aussi l'emploi dans une conférence de 2016 (Nicolas de Brémond d'Ars, Le corps de la nation):  
 
Lien vers http:// parcours-singuliers.centerblog.net/?ii=1 
 

 

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Modifié en dernier lieu le 30.12.2016