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Critique des métaphysiques du propre

 
 
2014, Georg Olms Verlag 
Voir onglet précédent pour la présentation et le lien avec l'éditeur 
 
Voir à la fin de cet onglet-ci le CR dans la Revue philosophique de la France et de l'étranger, 2016, n°2,pp. 241-243 
 
 
 
TABLE DES MATIÈRES 
 
INTRODUCTION LA MÉTAPHYSIQUE ET LE PROPRE
I Métaphysique et modernité : montée conjointe du ''propre-à-soi'' (oubli de la problématique de l'imitation), et du ''au propre'' (oubli du sens figuré)
10 
Métaphysique, onto-théologie, et anthropologie 11 
Refaire une histoire de la Ressemblance en métaphysique 15 
Théologie chrétienne et métaphysique occidentale 19 
II Des ''Grammaires de l’être'' qui oublient la ''Rhétorique de l’être'' 21 
Insuffisance des ''Grammaires de l'être'' 21 
''Rhétorique transcendantale'' et construction métaphysique 23 
''Rhétorique transcendantale'' et anthropologie : la prise-au-propre indue comme constante de l’esprit humain 26 
Le Texte ''sacré'' lu dans la lumière obscure du Logos grec : l'invention du Verbum métaphysico-chrétien 28 
Itinéraire du livre 32 
 
CHAPITRE I : MODERNITÉ ET DÉRIVES SUR LA FIGURE 
pp. 35-98  
I Dérives opposées et similaires sur la Métaphore : Derrida et Ricœur 35 
1° Une confusion différente mais analogue sur la notion de figure 36 
Le poids nietzschéen : la confusion entre le langage et le "figuré" 36 
Une autre erreur, analogue, est faite par Ricœur, sur la notion de figure 41 
Adhésion de Ricœur à une phénoménologie qui se veut kantienne 42 
Confusion des "comme" et tendance à passer au "en tant que" 44 
2° Une confusion inverse mais symétrique, entre Métaphore et Concept 45 
Derrida rabat le conceptuel sur le rhétorique 45 
Ricœur rabat le rhétorique sur du conceptuel, mais un concept "supérieur" 46 
3° Une lecture différente, mais aussi discutable, de l'histoire de la métaphysique 49 
Métaphysique et métaphorique selon Derrida 49 
Ricœur utilise le métaphysique (au sens de l’ontologisation de la référence) pour "sauver" le discours métaphorique 52 
La "déconstruction" derridienne comme anti-métabole généralisée 54 
L'hyperbole ricœurienne du « plus ontologique » 56 
 
II Méprises sur la Metaphora selon Aristote 56 
Le commentaire d’Aristote par Derrida dans La Mythologie blanche 56 
Ce que fait Aristote 59 
Figure, que de crimes… 65 
 
III Troubles autour de la figure : le sens figuré compris comme du figural 66 
1° Phénoménologie et langage : la mainmise sur le figuré 66 
2° La figure chez Kant : quelles lectures en faire ? 70 
Dans la Critique de la Raison pure 71 
Dans la Critique de la faculté de juger : l'emploi d'hypotyposis 75 
1. Historique de la figure de rhétorique 75 
2. Or le mot hypotyposis désigne, depuis l'Antiquité, aussi autre chose 80 
Des questions brûlantes dans l'interprétation de Kant 83 
1. C'est d'abord le mélange avec la question du symbole 83 
2. Le mélange avec la problématique, dans la théorie de l'art française des années 1970, de l'opposition entre représentation et présentation 87 
3. Les difficultés sur la place de la question de la rhétorique chez Kant 89 
 
IV Un tournant constitutif de la métaphysique gréco-latino-chrétienne : les glissements sur la figura 92 
1° Mélange des trois acceptions de Figura 92 
2° Naissance des termes à la fois de la (méta-)Rhétorique et de la théologie chrétienne 94 
 
CHAPITRE II: L’ANALOGIE, "MAUVAIS GÉNIE" DE LA MÉTAPHYSIQUE pp. 99-167 
I La Métaphore, un usage ''déjanté'' de la ressemblance 99 
1° La sémantique de la métaphore : mimer le concept 100 
Le faire-comme-si du rhétorique est ici aux prises avec la classification ontologique 100 
Dans le Régime sémantique "praxéologique" : on décrit l'être pour enjoindre la mimesis qui est à faire 102 
2° Le contenu métaphysique de la Métaphore : dénier l’imitation pour affirmer la seule ressemblance, et celle non dangereuse, celle de l’hétérogène 103 
Confusion des ''comme'' et tendance à passer au ''en tant que'' 104 
 
II L'Analogie de l'être dans la spéculation métaphysique 105 
1° L'invention de l'analogie comme traitement de l'imitation dans son déni même 105 
L'oscillation entre deux définitions du raisonnement par analogie 105 
La construction métaphysique de l'analogie : les étonnants amalgames 110 
L'invention de l'analogie de l'être : le traitement de l'équivoque par les équivoques sur la ressemblance 117 
L’analogie théologique médiévale, ou que faire de la ressemblance avec Dieu 121 
2° Comment la notion métaphysique d'analogie empêche à la fois de penser la relation entre les humains, et de penser la différence entre concept et métaphore 125 
L'analogie de l'être chez Thomas d’Aquin : la similitude participée, par-delà les genres 126 
L'analogie métaphysique pousse à la confusion entre concept et métaphore 129 
Le flou de la ''translatio'' (/transumptio, similitudo) 132 
3° Les difficultés de l'analogie chez Kant même 135 
Ce que Kant appelle les « analogies de l’expérience » 135 
Analogie et connaissance de Dieu 139 
Des pressoirs et des États, des castors et des dieux 143 
 
III Métaphysique grecque et oubli conjoint du relationnel et du rhétorique 147 
1° Aristote : entre Mimesis et propre 148 
Acceptation de la Mimesis et rabattement sur la seule Poiétique 148 
Incitations aux dérives dans la lecture des textes même d'Aristote 149 
Quel traitement de la relation ? 153 
1. L'éviction de la relation hors de l'ousia 153 
2. Le relationnel rabattu sur le corrélatif 155 
3. Les relations deviennent alors les rapports objectifs, et englobent tous les prédicables 157 
4. Les oppositions 157 
2° Les tentations des néo-platonismes et le flou du rhétorique dans la pensée gréco-romaine 159 
Héritages platoniciens 159 
Les diverses tentations des néo-platonismes et l'asservissement du rhétorique 163 
 
CHAPITRE III: LE CHRISTIANISME ENTRE IMAGE ET VERBE pp. 169-257 
 
Le génie de la prise-au-propre qu’est le Christianisme : traiter de l’imitation dans la cécité à son égard 169 
 
I L’homme « à l’image et à la ressemblance de Dieu » : l'Homoiôsis dans tous ses états 171 
Genèse 1, 26 lu en grec : le poids des notions platoniciennes, stoïciennes 173 
1. La bonne image 175 
2. L'affirmation est prise comme ne contredisant pas l'interdit de la représentation plastique d'images-idoles 178 
3. Ce sont ces termes même qui font l'objet des discussions constitutives de la création de la théologie chrétienne 180 
4. Or les termes d'eikôn et d'homoiôsis, ce sont aussi les termes utilisés dans la Rhétorique 185 
 
II La richesse des doctrines chrétiennes de l'imitation : envers le Christ, Dieu le Père, le Verbe ? 196 
1° Envers Jésus-Christ : l'imiter, s'identifier à lui, prendre sa place ? 196 
L'oscillation des imitations 198 
1. La tendance morale 198 
2. La participation 200 
3. Le mysticisme 203 
L'imitation métamorphosée en identification à la place 205 
4. La tendance protestante 205 
2° L'homme, image de Dieu : une anthropologie des facultés individuelles 214 
Augustin : une psychologie trinitaire de l'âme individuelle 214 
Descartes : une identité à la fois ontologique et épistémique 217 
3° Par-delà l'image ou l'imitation : l'identification au Verbe même 221 
Déprise de son propre-à-soi : perte de soi ou divinisation ? 221 
Être comme Dieu, c’est-à-dire ne ressembler à personne 223 
L'abandon du propre-à-soi pour accéder au propre de Dieu 226 
Maître Eckhart ou le Moi en tant que Fils-Verbe-Image divin 228 
 
III Le Verbe et le Fils : les forces du langage pour (ne pas) régler les problèmes entre humains 234 
1° Les trois Personnes de la Trinité entre elles : le triomphe de la substance 234 
Les trois ''Personnes'' : quel type de relation ? 234 
Le Verbe thomiste : une relation d’engendrement en soi-même 238 
Le Verbe chez Bonaventure : exemplarité et expression 241 
2° La Trinité et les forces du langage 247 
La Trinité : personnification des pronoms personnels ? 247 
... ou ontologisation des relatifs ? 248 
Thomas d'Aquin : une mise-en Personnes des relatifs mêmes 252 
La prise-au-propre de l'Hendiadyn ? 256 
 
CHAPITRE IV THÉOLOGIE CHRÉTIENNE et LANGAGE : LE VERBE INCARNÉ ou l’OUBLI DU FIGURÉ pp. 259-336 
I L'invention (en concept) de l'Incarnation du Verbe : l'ontologisation suprême des mécanismes du langage (conçu, proféré, figuré) 262 
1° La croyance en l'Incarnation comme reconnaissance ontologisée de l'importance du Verbe proféré et figuré 262 
Le Verbe divin et le verbe humain : l'un et l'autre peut être à la fois conçu et proféré 263 
Personnification (rhétorique) des discours, personnification (rhétorique) des facultés de l'esprit 272 
2° "Assumer" la nature humaine : et si le théologique chrétien était le métalangage du rhétorique pris-indûment-au-propre ? 278 
Que le Verbe soit proféré ou incarné : il y a assomption de l’hétérogène 278 
Assumer de l'hétérogénéité : c'est l'affaire des ''actes de langage'' (faire en parlant), mais aussi des figures qui produisent du sens figuré 282 
Les facilités apportées par la pensée (méta)-Rhétorique : le figuré et l'assumé entre Quintilien et Tertullien 286 
 
II Comment le Verbe se fait chair : par prise-indue-au-propre de l'accomplissement des promesses du Texte hébraïque 296 
1° Comment le Logos se fait chair 296 
Au début était le mot qui fait la chose : l'étonnante histoire du Verbum qui signifie aussi factum... 298 
La confusion des actes de langage : la croyance à la description historique de textes décrivant la Promesse réalisée 302 
2° Le Nom et la Chair : la création du personnage Fils-de-Dieu comme venue sur terre du Nom de Dieu-personnifié 306 
Le Nom descendu dans la chair 306 
L'accomplissement du besoin qu'a la Chair (du texte) de posséder le Verbe (du sens) 309 
Les devenir-Corps du Logos selon Origène 313 
 
III L’invention (en texte) de l’Incarnation : le personnage Jésus-Christ par prise-au-propre de la Personnification et de la Récapitulation 314 
1° La prise-indue-au-propre du mécanisme hébraïque de la Personnification-en-un-individu du Peuple élu 315 
La clé donnée par Tyconius 322 
2° La prise-au-propre du « faire-comme-si-c’était un Corps » de la figure de rhétorique qu'est la ''Récapitulation'' (anakèphalosis ) 325 
La très étonnante aventure du Verbum abbreviatum 328 
 
CHAPITRE V MÉTAPHYSIQUE MODERNE et REPRISE de la CONFUSION THÉOLOGIQUE DES PROPRES : 
1 EN SUIVANT DIEU LE PÈRE
pp. 337- 408 
Le Verbe divin et le concept humain 337 
 
I Apogée des mésaventures du ''propre'' les confusions du propre-idion avec le propre-kyrion dans la notion latine de ''proprium'' 339 
1° Le propre comme un des prédicables de Porphyre à Port-Royal : quel contenu pour lui ? 339 
Quelle différence y a-t-il entre le propre et la définition ? 339 
La question des « Propres par soi » et des « propres relatifs » 346 
2° Rencontre forcée du propre-idion et du propre-kyrion dans le latin 349 
Traduction des trois mots grecs différents par un seul mot latin : proprium 349 
 
II Noms de Dieu ! L'abolition de la distinction même entre énoncés au propre et énoncés au figuré 352 
1° Les incertitudes sur la notion de ''nom propre'' 352 
Métaphysique et versets bibliques 353 
Un événement fondateur, le fait que la Septante traduise YHWH par ... Kyrios 357 
2° Les ''Noms Propres de Dieu'', sont-ils dits au propre ou métaphoriquement ? 358 
Augustin : Dieu est-il, ou non, hors catégories ? 358 
Boèce : mutatio ou translatio ? 361 
Jean Scot Erigène : tout langage (pour parler de Dieu) est métaphorique ... mais il y a des noms propres... 362 
Thomas d'Aquin : la seule solution pour éviter la rupture entre l'être de Dieu (en propre et au propre) et le langage, est d'imposer l'analogie 365 
 
III L'être de Dieu, point de fusion entre le ''au (sens) propre'' (kyrie) et le ''en propre'' (idion) 369 
1° Saint Anselme : l'Être Suprême implique le propre du ''par soi'' 369 
Le Suprême par delà toute comparaison, dans l'esse du per se 369 
Ici le conçu se confond avec la position dans l'être...375 
...et le signifié ne peut être que le référent : en Dieu est l'identité du langage et de l'être 377 
2° Le Sum qui sum, fondement d'une métaphysique du Nom propre et du propre-à-soi 380 
Si Dieu a un nom propre, et que le nom propre de Dieu est « esse », c'est parce que Dieu est suprêmement Propre-à-soi 380 
Un héritage lourd à porter 386 
 
IV Les détraquages ontologiques et leur héritage 388 
1° L'ontologisation des énoncés rhétoriques hyperboliques, Dieu ou l'hyper-ousia : entre le super- et l'ultra- 388 
L’hyper chez le Ps.-Denys l’Aréopagite : par delà générique et extra-générique 388 
L’ontologisation de l'hyperbole : moteur de l'abolition de toute distinction entre propre et figuré 393 
2° La non-distinction entre le concret et l'abstrait 395 
Dieu, modèle d'impossibilité de distinguer le qualifié et la qualification, l'avoir et l'être 395 
La destruction de la distinction entre concret et abstrait, et l'ontologisation de la Personnification 397 
Une analyse remarquable de Feuerbach 401 
Par delà toute distinction entre propre et figuré : John Donne 408 
 
CHAPITRE VI MÉTAPHYSIQUE MODERNE et REPRISE de la CONFUSION THÉOLOGIQUE DES PROPRES : 2 EN SUIVANT LE VERBE INCARNÉ  
pp. 411-496  
I Modernité métaphysique, et abolition christologique de la différence entre individu et Genre 411 
1° La Christologie ouvrant à la métaphysique la confusion entre individu et Genre 411 
Quelle ''extension'' : le propre concerne-t-il l’espèce ou l’individu ? 411 
La Christologie comme modèle de dérèglement constitutif, des rapports non seulement entre abstrait et concret mais entre genre et individu 415 
Les mélanges tentants du collectif et de l'individuel : la Vierge Marie et l'Église 420 
2° Troubles modernes dans le rapport entre universel et singulier 423 
Un nouveau rapport au Christ : dérèglement du rapport entre être et avoir chez l'homme même 426 
Rousseau, un Descartes dont le cogito serait celui du Christ 429 
La mystique du nom propre chez Serge Boulgakov 432 
Les paralogismes de Michel Henry : l'appel au Verbe pour mieux abolir le langage 435 
 
II  La Christologie comme destruction autorisée de la différence entre propre et figuré 440 
1° La Christologie permet à la fois l’« appropriation » et la « communication des propres » 440 
L’« appropriation » des trois Personnes de la Trinité délégitime la différence entre le particulier et le commun 440 
La « communication des idiomes », ou la destruction de la distinction entre propre et figuré 443 
2°Terrain de jeu des polémiques théologiques de la modernité 453 
 
III Ontologie et herméneutique : invention de la sacramentalité et abolition/extension du sens figuré 458 
1° La figure comme préfigure : Dieu fait des tropes... dans le réel 458 
Les sens de l'Écriture ''sainte'' dans le christianisme 458 
Le recouvrement de la prise-au-propre du figuré, par la croyance à la « préfigure » 461 
Le Verbe divin augustinien : la merveille de la signification est connue par les figures qu'Il fait dans la réalité 464 
Le péché originel selon Augustin et Bonaventure : n'avoir pas pris les choses au propre 467 
2° Une possibilité de nouvelle exégèse de la ''figure non figurée'' : rien n'est figuré, tout est figural 470 
La nouvelle herméneutique des textes de l'Écriture chez Eckhart 470 
Le refus par Calvin du sens second de la Bible : l'apogée du pur figural 472 
La tentation dite herméneutique en philosophie : l'extension du langage sur le réel 474 
3° Représentation ou Présentation : herméneutiques modernes de l'Eucharistie 474 
La présence réelle dans la "représentation" même (comme don de la réalité du corps du Christ) 478 
Union avec le Verbe et transsubstantiation : le dépassement de la distinction entre homogène et hétérogène 481 
Effervescence des protestantismes autour de figures de rhétorique expliquant l'acte de Dieu 485 
1. Luther : quel sens littéral ? Par la synecdoque ! 485 
2. Les calvinistes : quel sens figuré ? Celui de la métonymie ? 486 
3. Chez Zwingli l'alleôsis ... 487 
Dante ou la mise-en-œuvre, dans l'accomplissement, de la prise-au-propre de la figure 489 
"Nous sommes tous des ad-Verbes" : l'identification à la position qu'a le Verbe auprès de Dieu 494 
 
CHAPITRE VII : MODERNITÉ ET IDENTITÉ(S) : À CHACUN SON PROPRE  
pp. 497-582 
I Apogée des (més)aventures du propre : les confusions du propre-idion avec le propre-kyrion 498 
1° Triomphe du sens propre, dans son abolition même 498 
Rabattement du propre-idion et du propre-kyrion sur le (sens) primitif, originel, original, naturel, authentique 498 
Confusion entre le mécanisme de formation des termes abstraits et celui des termes figurés 503 
Confluences avec le thème théologique « tout langage (pour parler de Dieu) est figuré » 506 
2° La tentation de l'image : 508 
L'Incarnation chrétienne : par le biais du langage, une Image en vie 508 
Doctrines ''modernes'' de l’image : l'amalgame de l'image visuelle et de la figure de déplacement 511 
 
II Propre-à-soi et relations d'antagonisme 515 
1° Le propre moderne : l'altérité identifiée à l'opposition 515 
Locke ou la spatialisation du propre : l’identité comme excluant 515 
Leibniz ou le sacre de la nature propre (entre Dieu et moi) 519 
2° Altérité et négation 523 
Nouvelles lectures post-scotistes : disjonctivité, et néant 523 
La seule relation est la contradiction 527 
Sartre : l’être-avec comme négation réciproque 530 
3° La Trinité décrite comme haut-lieu, au sein de la ressemblance, d'antagonismes 532 
L'Esprit-saint en lutte ? 532 
La Christologie vue en termes d'opposition entre le Père et le Fils 534 
Autres aventures de l’homoousios : la Christologie de Schleiermacher 538 
 
III Le propre moderne (''identitaire") comme forme à la fois du déni de l’imitation et du déni du figuré 539 
1° La révolution de la « nature propre » : la nature singulière étant la véritable essence 540 
Substance et existence du sujet propre-à-soi 542 
L'univocité de l'être, porte ouverte à la pensée de l'homme sur le modèle du Dieu (propre-à-soi et au propre) 545 
La nouvelle interprétation de l'image de Dieu chez Ockham 548 
2° Le nominalisme comme meilleur fossoyeur de la dimension rhétorique 552 
Dernières aventures de l'être : l'important n'est peut-être pas tant la victoire du nom sur le participe verbal ... 556 
...que la question du nom propre 558 
Les nouvelles doctrines de l’analogie (à partir de Cajetan et Suarez) interdisent encore davantage la distinction entre le propre et le figuré, et assimile tous les ''propres'' 559 
Or ce propre (au sens de non-figuré) est également, chez Suarez aussi bien que chez les nominalistes, le propre de ce qui est dé-lié de tout rapport 566 
 
IV Ambiguïtés sémantiques du ''À chacun le sien'' : entre Buchenwald et Cicéron 569 
1° « Jedem das Seine » : quelle interprétation ? 570 
Le tremblé entre rétribution et distribution 570 
2° L'impossible séparation entre Justice commutative et Justice distributive 571 
Rétribution, distribution, commutation 574 
3° Répartir selon le mérite, ou selon le besoin ? Ou dans la pure logique du cadeau ? 576 
« L'universelle impartialité » du ''A chacun le sien'' ? 578 
 
FINALE: ÊTRE ET VERBE : LE FIGURÉ CRÉATEUR 583 
Sœur Figure et sœur Réalité sont dans un spectacle 584 
Michelet ou l'invocation à l'Incarnation du Verbe 585 
« En écrivant Le Messie, c’est-à-dire l’incarnation du Verbe » 588 
 
 
Bibliographie 591 
Index nominum 617 
Index rerum 625 
Table des Matières 631  
 
 
 
CR dans la Revue philosophique de la France et de l'étranger, 2016, n°2, pp.241-243: 
 
Nanine Charbonnel, Critique des métaphysiques du propre. La ressemblance et le Verbe, Hildesheim, Olms, coll. « Europaea Memoria », 2014, 646 p., 88 €. 
Poursuivant résolument ses recherches sur les aventures sémantiques de la notion de métaphore à travers l’histoire de l’ontologie et de la théologie européennes, Nanine Charbonnel, auteur notamment de Comme un seul homme. Corps politique et Corps mystique (Aréopage, 2010 ; analyse dans la Revue, 2013-3, p.424), propose ici une thèse clairement identifiable, qui, en ses aspects innovants, ne manquera pas de susciter des objections ou des agacements. On ne s’étonnera donc pas de l’épaisseur de l’ouvrage qui tient à la logique même d’une entreprise démesurée : pour démontrer ce qui est à démontrer, l’A. devait ne négliger aucun texte ni aucune explicitation. D’où le sentiment parfois un peu déroutant d’avoir surtout entre les mains une anthologie de tous les usages amphibologiques de la métaphore. Mais N.Charbonnel, qui n’hésite jamais à dire ce qu’elle a à dire, quitte à déboulonner au passage quelques statues (voir, par exemple, les analyses sur Derrida et Ricœur, pp. 35 sq.) ou à relever les châteaux de sable de la phénoménologie herméneutique et/ou de la théologie (par exemple, pp. 476 sq.), devait anticiper et parer, au moyen d’un réseau ouvert de dizaines de textes se faisant écho, toute accusation de monomanie ou de pharisaïsme. 
Car à vouloir à tout prix émanciper la notion de métaphore d’une histoire de la métaphysique et de la théologie qui en subvertit le sens et l’usage, elle s’expose à un tel soupçon, non pas pour des raisons d’ordre psychologique, mais parce que sa position théorique tend paradoxalement à méconnaître l’esprit des textes et à surdéterminer la lettre, au moment même où son exégèse se veut la plus inspirée. Que tous les penseurs européens aient été et soient encore, consciemment ou inconsciemment, victimes d’un oubli de l’usage proprement rhétorique de la métaphore, et qu’ils aient pris au propre ce qui doit être pris au figuré, c’est incontestable. Sur ce point, la démonstration est imparable et demeurera peut-être inégalée (voir notamment, sur la notion théologique d’incarnation, le chapitre IV). En outre, que cette confusion entre le « comme » et le « en tant que » (p. 44), c’est-à-dire le passage subreptice du sens figuré au sens propre, puisse avoir des effets politiques (conduire à l’hyper-individualisme et au délire de la subjectivité), comment ne pas le reconnaître également puisque nos représentations et nos jeux de langage, qui sont quelque chose du réel, ont incontestablement un effet sur lui ? Cela dit, on ne voit pas pourquoi, sauf au nom d’un principe d’ordre strictement linguistique ou philologique, l’on devrait disqualifier les usages prétendument illégitimes de la métaphore. Après tout, la dissolution du rhétorique dans l’ontologique demeure inséparable de la pensée et du langage qui l’effectuent, et, l’effectuant, la dynamisent. L’esprit et le sens, qui ne se réduisent jamais à la lettre, même s’ils en sont inséparables, font ainsi ce que bon leur semble, au-delà des catégorisations ou dichotomies linguistiques, rhétoriques ou philosophiques qui tentent de les enclore, y compris celles du « propre » et du « figuré ». Dès que l’on parle, on risque de prendre les mots pour les choses ou les choses pour les mots, et cela, sans jamais percer l’énigme d’une telle substitution ou délégation. 
Loin de craindre les objections, N.Charbonnel cherche plutôt à les appeler, voire les provoquer. Car l’enjeu est celui de l’essence même de la philosophie pérenne, dont la Critique des métaphysiques du propre n’est après tout que l’une des figures. En nous rappelant courageusement que les hommes ne savent pas penser (et donc philosopher) autrement qu’en parlant au figuré alors qu’ils croient parler au propre, l’A. désigne à nouveaux frais l’aveuglement et la déraison qui, depuis toujours, accompagnent le logos comme son ombre. D’où la référence, dès l’Introduction, au camp de Buchenwald. Qu’est-ce que penser ? Qu’est-ce qu’être un homme ? Telles sont au fond les deux questions majeures que retrouve N. Charbonnel. Son insistance sur le statut de la métaphore n’est pas une posture esthétisante. Il s’agit plutôt, à l’instar de Feuerbach (pp. 401-408) de promouvoir un humanisme sans illusions mais sans désespoir. Jamais ennuyeux malgré une érudition écrasante, jamais moralisateur malgré un radicalisme éthique inhabituel, cet ouvrage vaut comme un nouvel et brillant
Éloge de la folie. 
 
Alain Panero

 

(c) Nanine CHARBONNEL - Créé à l'aide de Populus.
Modifié en dernier lieu le 20.02.2017